Economie

BMW ET LE COBALT DE LA RD CONGO : 629 USD par site pour juguler la présence des enfants dans les mines

Le constructeur automobile allemand BMW ne saura longtemps boycotter le cobalt de la RD Congo, foi d’experts. D’ici 2025, selon la Commission européenne en matière d’énergie, une possible pénurie de cobalt surviendra et affectera le coût des véhicules électriques .Tous les constructeurs auront dès lors les regards sur la plus grande réserve mondiale du minerais.
Pour autant, la RD Congo aurait dû sévir depuis longtemps contre le phénomène d’utilisation d’enfants et des femmes comme main-d’œuvre dans les mines, estime cet expert du ministère des Mines. Lors du séminaire d’orientation budgétaire portant sur la loi des finances 2019, Alexis Makiashi, expert au Secrétariat général des mines a, en effet, rappelé que dans le Plan stratégique du secteur minier 2017-2021, les experts de ce ministère ont recommandé au gouvernement d’allouer un budget conséquent aux services techniques, notamment au Service d’Assistance et d’Encadrement de l’Exploitation Minière à Petite échelle (SAEMAPE) pour un meilleur suivi et contrôle de l’activité extractive, la réduction des impacts socio-environnemental et l’interdiction dans les ZEA (Zone d’exploitation artisanale) des femmes enceintes et des enfants. Hélas, ce document n’a pas été validé en conseil des ministres. En 2016, le ministère des Mines avait, déjà, identifié 200 zones d’exploitation artisanale et 1.364 sites d’exploitation avec plus ou moins 2 millions d’exploitants miniers dont des enfants et des femmes enceintes et recensé 392 coopératives agréées. Comme le code minier révisé exclut de l’exploitation artisanale des initiatives individuelles au profit des coopératives, le budget 2019 prévoit pour le SAEMAPE (ex – SAESSCAM) un montant de 629 USD par site d’exploitation pour encadrer techniquement et financièrement les exploitants du secteur de la petite mine et lutter contre la fraude en canalisant les productions dans le circuit officiel de commercialisation. De 600 millions de FC en 2018 à 3,9 milliards de FC pour 2019, les prévisions des crédits de l’ex-SAESCAM ont connu une hausse considérable de près de 600% ! Pour autant, cela suffirait-il à faire face aux préoccupations essentielles des artisanaux et des populations de base sur toute l’étendue du territoire national ? Il sied, en effet, de rappeler que toutes les provinces, dont Kinshasa la capitale, ont été déclarées zones minières depuis plus de 10 ans. « L’une de principales préoccupations de SAEMAPE demeure également la croisade contre l’utilisation des enfants et des femmes enceintes dans les sites miniers. Cette situation est plus préoccupante que celle des enfants qu’on enrôle dans les groupes armés », fait remarquer Me Gabrielle Pero, activiste de la société civile. Mais hélas, SAESSCAM peine à se déployer dans toutes les 26 provinces du pays alors que l’exploitation illicite des minerais comme la cassitérite, le coltan et le wolframite, l’or et le diamant par des exploitants artisanaux a tendance à devenir une activité normale, lit-on dans un rapport de la Banque mondiale. Le gouvernement a préféré poursuivre le déploiement du Cadastre minier à travers le pays à celui de l’ex-SAESCAM dans l’optique de gagner gros avec de grandes entreprises. Il est pourtant établi, selon les chiffres fournis par la DGRAD, que les artisanaux rapportent plus que les industriels dans le domaine du diamant. Inspecteur au ministère des Mines, Alexis Makashi note que dans le Code minier révisé, il est prévu la participation d’au moins 10 %, au profit des personnes physiques de nationalité rd congolaise, dans le capital social des sociétés minières, la participation des Congolais dans le capital des comptoirs d’achat et de vente des matières précieuses et de traitement. Dans la pratique, l’Etat devrait encourager les communautés de base à devenir actionnaires dans ces entreprises. Par ailleurs, la loi minière révisée fait obligation de l’introduction du cahier des charges pour les sociétés minières en rapport avec leur responsabilité sociale vis-à-vis des populations locales. La RD Congo a produit 82.000 t de cobalt en 2017 au prix de 9600 USD la tonne, ce qui a rapporté quelque 227.068.960 USD ou 480.437.576,640 FC au titre de redevance minière en appliquant le taux révisé de 3,5 %, selon la Direction générale des recettes administratives, judiciaires, domaniales et de participations, DGRAD. En 2018, le cobalt sera déclaré minerai stratégique et son taux d’imposition passe de 3.5 à 10 %.
Selon la FEC/Mines, la production 2018 du cobalt a augmenté de 43,8% par à 2017 et atteint 106.439 tonnes dont quelque 250 t pour la Gécamines.
POLD LEVI MAWEJA

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