BIENTOT 17 ANS DANS L’AU-DELA : Dindo Yogo, la voix cassée la plus adulée

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    Dindo Yogo

    Dindo Yogo, de ses vrais noms Théodore Djangi, est sans nul doute l’un des artistes-musiciens qui font partie du patrimoine culturel congolais. Du 02 octobre 2001 au 20 octobre 2017, jour pour jour, cela fera 17 ans que ce chanteur talentueux adulée pour son extraordinaire voix cassée non cassante séjourne dans l’au-delà. Mais comme on dit, l’artiste ne meurt jamais. Dindo Yogo nous a légué un nombre impressionnant d’œuvres discographiques qui égayent encore de nombreux mélomanes.
    La carrière musicale de Yogo peut être subdivisée en quatre temps remarquables. Né à Lokutu le 30 décembre 1955, Dindo a terminé ses études primaires dans l’arrière-pays, avant de descendre à Kinshasa. Il sera inscrit au collège Bobobo (ex-Roi Albert 1er) où, très intelligent, il fit de brillantes études secondaires. Mais la passion de la musique le détournera des études. Dindo entamera une carrière professionnelle dès 1973-1974 en intégrant l’orchestre « Les Macchis » en compagnie de Théo Lolango et du soliste Nseka Biwela dit « Huit Kilos ». Très tôt, Théo Djangi se distingue par ses interventions vocales dans les chansons comme « Chérie Youna » de Théo Lolango et « Etumba na nguaka » dont il est l’auteur.
    En 1975, auréolé de quelque succès, Didno Yogo quitte « Les Macchis » pour créer « Etumba na Nguaka » avec son ami Huit Kilos. L’aventure ne fait pas long feu et l’artiste est contrait de retourner dans « Les Macchis » en 1977. Avant d’aller passer quelques temps à Brazzaville en République du Congo au sein d’une formation musicale dénommée « Masano ».
    En 1980, Dindo intègre Viva-La-Musica de Papa Wemba. Une année après, il est compté parmi les 6 patrons (Evoloko, Bozi, Kisangani Djenga Ka, Djanana, Djo Mali et lui-même) qui ont créé « Langa Langa Stars », avant que le soliste Roxy Tshimpaka ne s’y ajoute comme 7ème patron.
    En 1984, l’aventure de Langa Langa Stars des 7 patrons s’arrête. Yogo est embauché dans Zaïko Langa Langa où il rejoint des talents comme Bimi Ombale, Popolipo, Ilo Pablo, etc. Dans sa nouvelle formation, Yogo brillera de mille feux grâce à sa belle voix, comme partout où il était passé auparavant.
    Lorsqu’en 1988, un bon nombre de musiciens de l’orchestre entraîné par le batteur Ilo Pablo (décédé) se désolidarise de Nyoka Longo et ses fidèles pour créer le « Zaïko Familia Dei ». Dindo Yogo, qui a opté pour Jossart Nyoka Longo, est nommé chef d’orchestre. Une occasion pour cet homme pétri d’expérience en matière de conduite d’hommes pour s’imposer. Yogo mène vaillamment la barque Langa Langa. Mais, incapable de ne pas prêter le flanc aux sollicitations pour « Nzonzig », (enregistrement pirates en compagnie d’artistes indépendants), Dindo prête sa voix mélodieuse à des titres qui font tabac. Comme « La vie hétérogène ». L’affaire dérange Jossart Nyoka qui se sépare de son génie musical.
    L’auteur de « Tantine Betena » (Langa Langa Stars) décide alors d’exhumer son « Etumba na Nguaka », en optant pour une nouvelle dénomination légèrement modifiée, « Nguaka Aye ». Comptent parmi ses musiciens, son fils aîné, Lola, devenu adulte, qui fait duo avec Papa. Mais le succès refuse de répondre aux rendez-vous du nouvel ensemble. Dindo se voit contraint aux navettes Kinshasa-Paris pour survivre, et réalise des featurings avec certains de ses homologues comme Reddy Amisi, etc. La mort, intervenue à Kinshasa fin 1999 le surprendra dans ce commerce informel.
    Bangui, le succès et l’enfer
    Vers fin 1989, un mécène en la personne de François Katuala, ancien de l’Université Nationale du Zaïre installé depuis plusieurs années à Atlanta aux Etats-Unis et travaillant pour le compte l’USAID, fut missionné pour superviser la conférence des « Wali Gala » (entendez : femmes commerçante en langue « sango ») à Bangui. Ce compatriote rencontrera Desi Mamele, un coproducteur de concerts. Avec la collaboration de ce dernier, François Katuala invitera Zaïko Nkolo Mboka à se produire à Bangui. La délégation de l’orchestre traversa le pool malebo pour prendre un vol sur la capitale de la RCA à l’aéroport de Maya-Maya.
    Quatre concerts furent livrés au total, en commençant par le célèbre « Le Punch Coco », un dancing bar de la place qui se vit débordé de monde. Dindo y récolta un succès fou, éprouvant d’incroyables difficultés à rejoindre le groupe de ses collègues après chacune des productions de l’orchestre. Le scénario se répéta partout où Zaïko Nkolo Mboka se produisit, en ce compris à Zongo, un territoire zaïrois situé en face de Bangui à l’autre rive de la rivière Ubangi, où les « Zekete-zekete » étaient invité à une réception de famille.
    L’enfer
    Toutefois, il sied de révéler qu’en dépit de tous les succès récoltés par Yogo et l’orchestre Zaïko Nkolo Mboka sur la terre du président Kolingba à l’époque, cette tournée s’est clôturée sur une note discordante. Après Zongo, la délégation kinoise avait regagné Bangui très tôt le matin du samedi car, devant prendre l’avion à 14h30 pour atterrir à « Maya-Maya » à Brazzaville avant de rejoindre Kinshasa le dimanche.
    Incident malheureux à quelques minutes du départ de Bangui : tous les effets de la délégation, les sacs et autres bagages, étaient confisqués sur ordre du directeur général du Novo Hôtel où le groupe avait été hébergé. Condition de restitution et de libération paiement total des frais d’hôtel évalués à plus de 222.000 Francs CFA.
    Le mécène, François Katuala, avait décliné toute responsabilité pour des raisons de mésentente avec un responsable de Zaïko. Cette nuit-là, c’est grâce aux bons offices d’un homme d’affaires zaïrois de la place, que la délégation put trouver à se loger, dans une chambrette d’un hôtel de fortune enfoui dans la cité de Bangui.
    Dindo Yogo, chef d’orchestre, en fut plus qu’abattu. Au comble de la déception, il confia à un journaliste qui avait accompagné l’orchestre que « Bangui, c’est le pire des voyages que j’aie vecu …, c’est l’enfer ! ». Pour échapper à la furie du DG de Novo Hôtel, les musiciens durent quitter Bangui nuitamment, traversant à même des pirogues la rivière Ubangui, grâce à la sollicitude de compatriotes trouvés en RCA. De Zongo, de l’autre côté de la rivière, ils gagnèrent Gemena à bord d’un véhicule avant de prendre un avion affrété par Moleka Albert pour Kinshasa.
    Discographie épatante
    Depuis « Les Macchis » à Zaïko Langa Langa en passant par Viva La Musica et Langa Langa Stars, la voix cassée de Dindo Yogo a épaté et attiré l’admiration de plusieurs milliers des mélomanes qui l’ont adopté tant au pays qu’à l’étranger. Parmi les œuvres de l’artiste inoubliable, on peut citer : Lola muana, sa composition dans Les Macchis, Chérie Youna de Théo Lolango dans ce même orchestre (1973-1974), Sina nduku, (Viva La Musica), Tantine Betena, Mangasa, Azanga, Nzembo Elengi, Baya mbangu baleka (Langa-Langa Stars) ; Mokili echanger 1ère version, Baniongo ekeseni, Liwa yo moyibi, Mokili echanger 2ème version (Nguaka Aye), Nzembo elengi. Mais on retrouve également l’inimitable voix Yogo dans Beloti (Viva La Musica), Femme africaine (Langa Langa Stars), Kabobo, Anzela Mamu et tant d’autres dans Zaïko. Dindo a aussi pris une part remarquable dans « Présence Luzolo » de Nzaya Nzayadio, en featuring avec Ya Lengos, Kester Emeneya et Likinga, sortie en 1985 aux éditions Don Das.
    Zenga Ntu

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