BENI : Les assaillants de Kangbayi devant la barre

    7
    Prison de Kangbayi

    Les présumés auteurs, co-auteurs ou complices de l’attaque de la prison centrale de Kangbayi de Beni en date du 11 juin 2017 sont au moins 25 à comparaître devant la Cour militaire Opérationnelle du Nord-Kivu dans le dossier instruit sous RP 201/2017. Cette attaque avait occasionné l’évasion de plusieurs dizaines de prisonniers civils et militaires qui les avaient rejoint pour perpétrer d’autres attaques en ville et en territoire de Beni.
    Les audiences des lundi et mardi derniers ont été consacrées à l’identification des prévenus et au début de comparution de certains d’entre eux.
    L’Officier du Ministère Public qui les a présentés devant la Cour militaire Opérationnelle les a inculpé formellement pour participation à un mouvement insurrectionnel, terrorisme et évasion. Au cours de l’audience de mardi dernier, deux prévenus, Kasereka Mutsuva Byose et Katembo Bolingo ont été soumis à un interrogatoire serré à l’audience des magistrats du siège et du Ministère Public. Ce sont des miliciens maï-maï ayant participé à l’attaque de la prison centrale de Beni et à d’autres incursions dans la ville et ses environs. Ils ont été confrontés à d’autres co-prévenus pris à titre des renseignants, des évadés de Kangbayi qui se sont rendus ou qui ont été enrôlés dans la milice Maï-Maï avant d’être capturés aux combats.
    Parmi les renseignants, on peut citer le tristement célèbre terroriste du groupe armé ougandais ADF Bwanandeke Kitobi alias Winny et le colonel Kambale Kisumba, tous des évadés qui se sont rendus parmi d’autres après l’attaque de Kangbayi.
    A la surprise générale, il a été constaté que la quasi-totalité des assaillants qui s’en sont pris à l’établissement pénitentiaire sont des fils du terroir (Beni-Lubero), y compris des jeunes gens des quartiers et villages cibles de récentes attaques.
    Au cours de ces audiences, la Cour militaire à débuté l’instruction des dossiers de certains seigneurs de guerre maï-maï. Parmi lesquels Mbusa Maranata, coordonnateur de la milice maï-maï « Corps du Christ » à Butembo. Plombier de son état (niveau d’études 6 ans primaires), il est présumé avoir traîné derrière lui une grande partie de la jeunesse dans cette milice. D’autres chefs miliciens ont aussi comparu, comme Mumbere Kitambala alias Muhambalyaki présenté comme le commandant maï-maï en Territoires de Beni-Lubero, proche de l’Union des Patriotes du Congo pour la Paix (anciennement Patriotes résistants au Congo de Sikuli Lafontaine).
    Les deux seigneurs rebelles figuraient manifestement parmi les cibles importantes à libérer par les assaillants de Kangbayi, mais l’entreprise a échoué grâce à une précaution du Ministère Public qui avait pris soin de les détenir en-dehors de la prison centrale. Ils sont poursuivis devant la Cour militaire Opérationnelle dans les dossiers instruits sous RP.194/2017 et 196/2017 pour : participation à un mouvement insurrectionnel, détention illégale d’armes et munitions de guerre, et terrorisme.
    La Cour militaire a également débuté l’instruction de la cause sous RP.198/2017. Elle oppose le Ministère Public au prévenu Kabuyaya Muvirimusa accusé de de participation au mouvement insurrectionnel maï-maï Saperita en assurant leur ravitaillement en vivres, armes et munitions de guerre lors de l’attaque de la ville et du territoire de Beni à partir de Vurondo, Rwahwa et Kalau.
    Le Colonel magistrat Jean-Paulin Esosa Masolo, Premier président de la Cour militaire Opérationnelle du Nord-Kivu, qui instruit ces affaires a remis aux audiences de Jeudi 20 et Vendredi 21 juillet courant la poursuite de l’instruction.
    Le CEPADHO, une ONG des Droits de l’Homme active dans le Nord Kivu qui a délégué des observateurs à ces procès a lancé un appel à la population afin qu’elle se désolidarise de ces criminels qui « sont tout sauf des libérateurs », selon, son Coordonnateur-Directeur Exécutif Maître Omar Kavota.

    LE MAXIMUM

    Pas de commentaire